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CITES 2016 : 4 requins et une famille de raies en Annexe II

 

trafic de raies d'eau douce, Orenoque, Colombie

trafic de raies d’eau douce, Orenoque, Colombie

La 17ème Conférence des Parties (CoP17) s’est déroulée à Johannesburg en Afrique du Sud du 24 septembre au 5 octobre 2016. Longtemps ignorés par la CITES (Convention pour le Commerce International des Espèces Sauvages), ce n’est qu’en 2003 que les élasmobranches deviennent un sujet de préoccupation pour les Parties (Etats membres), soit 28 ans après l’entrée en vigueur de la Convention. Les deux premiers requins inscrits en Annexe II* furent donc :

En septembre 2007, toute la famille des poissons-scies (7 espèces menacées d’extinction à l’état sauvage) est inscrite en Annexe I. Puis, plus rien… Pourtant, les raies et les requins sont en danger, victimes d’une pêche directe ou prises accessoires des grandes pêcheries industrielles.

Il faut attendre 2013 et la 16ème conférence des Parties, pour que cinq espèces de requins et la famille des raies manta rejoignent le club des « very few » inscrits en Annexe II de la CITES :

 

Enfin, cette 17ème Conférence des Parties de 2016 a retenu pour une inscription en Annexe II :

  • le requin soyeux Silky Shark (Carcharhinus falciformis), classé comme espèce quasi-menacée par l’UICN, l’une des prises accessoires les plus importantes, avec le requin peau-bleue, des pêcheries pélagiques industrielles (sennes et palangres des thonniers notamment), et dont la population mondiale aurait décliné de 70 à 90%,
  • les 3 espèces de requins renards : Bigeye Thresher (Alopias superciliosus), Pelagic Thresher (Alopias pelagicus), Common Thresher (Alopias vulpinus), dont les populations ont décliné de 80% sur les 30 dernières années et qui sont classés Vulnérables par l’UICN,
  • et la famille des raies mobula ou diables des mer, soit 16 espèces. La raie d’eau douce ocellate river stingray (Potamotrygon motoro, voir photo), quant à elle, bien que victime d’un braconnage intense, n’a pas été retenue par la CoP17 de la CITES.

Au total, sur les quelque 530 espèces de requins, 12 espèces sont inscrites en Annexe II, soit à peu près – et seulement – 2% des espèces de requins dont le commerce est régulé …et sur les quelques 600 espèces de raies, 26 espèces seulement, soit environ 4% des espèces de raies …

Voyons le côté positif : la CITES s’intéresse aux élasmobranches. Cela étant, bizarrement il faudra encore attendre 18 mois pour la mise en application de ces décisions (contre 12 mois quand il s’agit de décisions concernant les espèces terrestres) , et la question des moyens de contrôle par les pays-membres reste posée.

Une autre question se pose : quelles seront les conséquences de la disparition de ces espèces ? Franchement, on n’en sait rien ! On ne sait pas décoder entièrement les écosystèmes actuels, bien plus complexes qu’on ne les imaginait, donc la modélisation des écosystèmes futurs sont encore du domaine de la science-fiction. On peut toutefois être sûr d’une chose : l’équilibre des océans est déjà en train de changer, la disparition de ces espèces aura un impact et ce ne sera pas pour le bien-être de l’humanité.

 

* L’inscription en Annexe II concerne les espèces qui ne sont pas nécessairement menacées d’extinction mais dont le commerce des spécimens doit être réglementé pour éviter une exploitation incompatible avec leur survie.

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