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Les raies : en danger de disparition ?

Majestueuse et ondulante quand elle nage, la raie – quelle que soit son espèce parmi les quelque 650 connues à ce jour –  se déplace avec grâce et légèreté ; elle vole littéralement et l’on appelle « ailes » ses nageoires pectorales. Les raies peuvent être de forme ovale, ronde, triangulaire ou cunéiforme selon l’espèce, et leurs robes et leurs tailles sont tout aussi surprenantes ; elles vivent en eau douce ou en mer.

Forte consommation + faible taux de fécondité = danger de disparition

Les raies font partie de la famille des poissons cartilagineux dont les plus célèbres représentants sont les requins, et de fait, elles ressemblent à des requins aplatis. Leur chair est donc dépourvue d’arêtes et on consomme leurs « ailes », leurs joues et leur foie. On utilise également leur peau pour de la maroquinerie. Mais attention : de nombreuses espèces sont menacées d’extinction à l’état sauvage, et il n’existe pas (encore…) d’élevage de raies. Leur reproduction est ovipare : l’éclosion des œufs s’effectue hors du corps de la femelle. Dans les eaux de l’UE, il n’existe pas de taille minimale de prise pour préserver l’espèce, donc les juvéniles sont également pêchés, alors que le taux de fécondité est faible par rapport aux autres espèces marines. Tous ces éléments mis bout à bout, cela ne peut que mener à la disparition des « stocks »…

Source: France Agrimer 2017

En 2014, la raie fleurie (Leucoraja naevus) avec 2333 tonnes représente 41% des volumes de raies débarquées sous criées françaises, et la raie douce (Raja montagui,), 955 tonnes soit 17% : ceux sont les deux espèces débarquées et vendues, en provenance principalement de Bretagne et de Normandie. Mais les 42% restants des volumes débarqués, soit 2356 tonnes sont des espèces de raies… non identifiées!!! (Source France Agrimer 2017)

La raie bouclée (Raja clavata) est classée Quasi-menacée d’extinction selon UICN ; les stocks de raie brunette (Raja undulata), exceptée la brunette de Manche, de raie blanche de l’ouest des Îles Britanniques (Rostroraja alba), et de pocheteau gris de mer du Nord et de l’ouest des Îles Britanniques (Dipturus batis) sont toutes considérés comme épuisés. En Atlantique Nord-Est, à l’exception des raies bouclée et douce, toutes les autres espèces sont dans une situation préoccupante.

Ailes raies au marché ©Myriam Dupuis

Selon la liste rouge des espèces en danger d’extinction établie par l’UICN, 26% des espèces de raies seraient proches de l’extinction dans l’Atlantique Nord, et 42% en Méditerranée. L’ange de mer qui peuplait la Baie des Anges en Méditerranée et dont le nom a été donné en raison de la présence de ce requin inoffensif à cet endroit a totalement disparu et sa pêche à est interdite désormais dans toutes les eaux de l’UE. Si un poisson de cette espèce est accidentellement capturé, il ne doit pas être blessé et rapidement remis à la mer. Mais est-ce le cas ?…

Pour les autres espèces, en l’absence de dénomination précise ou de son lieu de pêche et ne disposant pas de la garantie que l’espèce n’est pas menacée, mieux vaut appliquer le principe de précaution et ne pas en acheter. Vérifiez bien le nom latin indiqué sur l’étal, au moment de l’achat, et s’il ne l’est pas, demandez-le au revendeur ou évitez sa consommation.

Attention au méthylmercure

Malgré les qualités nutritionnelles de la raie (poisson « maigre », vitamines A, B1, B2 et PP, acides gras Oméga 3), il faut faire désormais très attention car la raie cumule dans sa chair notre pollution au mercure, et plus précisément sous sa forme la plus toxique que l’on retrouve dans l’eau qu’est le méthylmercure. Le mercure s’accumule tout au long de la chaîne alimentaire et est surtout présent chez les poissons prédateurs, qui vivent plus longtemps. Les personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire les femmes enceintes et les enfants, doivent éviter la consommation de certaines espèces comme la raie contenant un « taux moyen de mercure » …

En conclusion, entre le méthylmercure et la disparition des stocks, il faut éviter de manger les raies européennes, et rester vigilants en ce qui concerne les raies importées, notamment de l’Atlantique Nord-Ouest.

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