Réunion : CAP REQUINS responsable du désintérêt des baleines pour l’île / responsible for the disinterest of Whales ?

2015-08-11_palangres_vertLe programme Cap Requins (pêche en continu des requins = appâtage près des côtes = augmentation des risques d’accidents) continue de se déployer malgré les nombreux courriers et autres recours des associations de protection de l’environnement, locales, nationales ou internationales. A croire que les voix de centaines de milliers de personnes contre ce projet ne comptent pas dans notre système « démocratique », surtout quand l‘écologie est concernée…

Il est vrai que les sommes d’argent public en jeu sont colossales, dont le principal bénéficiaire est le comité régional des pêches, en charge de Cap Requins qui poursuit donc ses actions dans l’opacité la plus complète, ne s’adressant qu’à quelques administratifs qui distribuent les mannes régionales et/ou européennes et les postes-clés. Toutefois, il semble quand même que le budget de coordination – plus que conséquent – aille cette fois réellement à un coordinateur, M. Christophe Perry… Tiens, tiens : ne serait-ce pas l’un des pêcheurs déjà rétribué par le comité des pêches au titre de la « chasse ouverte » aux requins ??? C’est bien d’être l’ami du comité régional des pêches.

Rien ou presque de ce programme n’est publié : rien sur les observations concernant les prises accessoires comme les raies-guitares ou les requins-marteaux, rien des vidéos filmées grâce aux équipements achetés par l’argent public (cf. le budget de Cap Requins 1 en 2013/14), absence de protocole scientifique, omerta sur la liste des membres du conseil scientifique, pas de résultats scientifiques mais sur quoi pourraient-ils porter puisqu’on ne connaît pas l’alibi scientifique du programme de pêche ?…bref, l’auteur de Cap Requins, M. Guyomard, semble ne pas avoir changé son fusil (sous-marin) d’épaule depuis sa thèse sur l’espadon et être devenu un vrai spécialiste de « l’Approche empirique de la pêcherie », à défaut d’être un vrai spécialiste des requins.

Le fait est qu’en 2015, plusieurs accidents ont déjà eu lieu en même temps que le déploiement des engins de pêche aux requins et que le désintérêt des baleines à bosse pour la Réunion. Dans ces conditions, il sera difficile pour la Région de maintenir sa demande de classement de la route des baleines à la Réunion comme patrimoine mondial de l’Unesco. Alors que la saison qui, depuis quelques années, battait son plein en août en nous offrant le spectacle de ces magnifiques ambassadrices des océans, cet hiver austral 2015 nous laisse surtout orphelins de leur présence. Les scientifiques n’auront pas de réponse au pourquoi de la situation, au mieux des hypothèses, mais 2 éléments significatifs pourraient expliquer le désamour des mégaptères pour l’île de la Réunion.

On explique leur présence dans les eaux plus chaudes de l’Océan indien par leur besoin de mettre bas et de se reproduire. Or, la tranquillité dont les baleines ont pu bénéficier est mise à rude épreuve : d’une part, le bruit sous-marin généré par la construction de la nouvelle route du littoral1, commencée en début d’année, doit être largement insupportable, mais en plus, le fait d’appâter les requins, comme le fait le comité des pêches depuis fin 2014, attire des squales qui ne se seraient peut-être pas approchés du littoral réunionnais. Et c’est peut-etre aussi la raison pour laquelle les baleines préfèrent éviter les eaux où sont attirés les prédateurs naturels de leurs petits.

La mise en place de nouveaux engins de pêche dans la Baie de St-Paul, là où s’ébattaient de jeunes baleineaux l’année dernière à la même époque, n’engage guère les mamans baleines à mettre bas au milieu des drumlines, fussent-elles « intelligentes » comme le vante Cap Requins.

Reunion Island: the new “fishing gears” of the Bay of St. Paul responsible for the disinterest of whales for the island ?

The Cap Requins’ project (continuous fishing of sharks near shore = baiting = increasing risk of accidents) continues to unfold despite numerous letters and other appeals of local, national and international environmental protection associations. The voices of hundreds of thousands of people against the project do not count in our “democratic” system, especially when ecology is concerned…

Indeed, the amount of public money involved is huge and the main beneficiary is the regional fisheries committee in charge of the Cap Requins project that is pursuing its actions in the most complete opacity. At least, this year, the huge budget for the project coordination goes really this time to a coordinator, Mr. Christophe Perry … Well, well: he is the same fisherman already paid by the Regional fisheries committee to fish sharks: it is good to be a friend of the Regional fisheries committee.

Little or nothing of this program is published: nothing about the observations concerning bycatch as guitarfishes or hammerhead sharks, nothing filmed with the video equipment purchased by public funds (see previsional Budget of Cap Requins 1 in 2013), lack of scientific protocol, omerta on the list of members of the Scientific Council of the project, no scientific results but on what could they be because we do not know the scientific alibi of the fishing program? … Shortly speaking, the author of Cap Requins, Mr. Guyomard, seems not to have changed his (submarine) gun of shoulder since his thesis on swordfish and he became a true specialist of “Empirical approach to fishery“, if not a real specialist in sharks.

The fact is that in 2015, several accidents have already occurred as the deployment of shark fishing gears is going further and the disinterest of humpback whales for the Reunion Island is noticed. Under these conditions, it will be difficult for the Region to maintain its request for the “Reunion’s whales’ road classification” as a Unesco World Heritage. As the season is going, which for some years was in “full swing” in August offering us the spectacle of these magnificent ambassadors of the oceans, this austral winter 2015 leaves us especially orphans of their presence. Scientists would not have the answer to the question “why?”, in the best case, only hypothesis, but two significant elements could explain the disaffection of humpback whales to the island of Reunion.

The presence of humpback whales in the warmer waters of the Indian Ocean is explained by their need to give birth and breed. But the tranquillity that whales have benefited is put to the test: first, the underwater noise generated by the construction of the new coastal road2, that begun earlier this year, must be widely unbearable, but in addition, baiting sharks as does the Regional Fisheries Committee, attracts sharks that would perhaps not have approached the coastlines of the island and can be the reason why the whales prefer avoiding waters where the predators of their babies are attracted.

The introduction of new fishing gears in the Bay of St-Paul, where last year at this time were jumping whales calves, is not attractive for the “mums whales” to give birth to their calves in the middle of drumlins, were they as “smart” as boasted by the Cap Requins’ program.

 

 

1 La nouvelle route du littoral : projet ahurissant de 1,9 MILLIARDS d’euros pour 12km de route sur un viaduc, entre St Denis et la Possession, sur une île volcanique en zone sismique. Le projet est incohérent à la fois d’un point de vue économique, écologique et financier. L’attribution de certains des marchés fait l’objet d’une enquête judiciaire.

2 The new coastal road: a 1.9 BILLION € project to build 12 km over a viaduct, between St. Denis and Possession, on the volcanic Island of Reunion (seismic zone). The project is inconsistent economically, ecologically and financially. The award of certain contracts is subject to a judicial inquiry.