L’Holbiche grassouillette, un nom pittoresque !

L’Holbiche grassouillette, un nom pittoresque ! Cephaloscyllium laticeps est une espèce bien réelle de requin appartenant à la famille des Scyliorhinidae. Cette famille de petits requins – 17 genres et plus de 150 espèces – est connue également sous le nom générique de roussettes.

Décrite scientifiquement en 1853, l’Holbiche grassouillette, ou Australian Swellshark, mesure 1,50m environ. Elle se distingue par sa tête large (d’où laticeps, « tête large » en latin) aux yeux en amande (qui vaut à ces espèces le nom commun de requin-chat). Son corps, gris ou marron avec des motifs foncés irréguliers, est relativement trapu. Son ventre peut gonfler, d’où probablement le qualificatif de « grassouillette ».

Évidemment le nom vernaculaire « grassouillette » ne correspond à aucune caractéristique biologique officielle. Il reflète simplement l’impression donnée par sa silhouette trapue. Ces appellations populaires traduisent souvent une perception humaine, et non une réalité écologique particulière. C’est un prédateur benthique intermédiaire qui se nourrit de petits poissons, calmars et autres crustacés. Plutôt sédentaire, il joue un rôle normal dans la régulation des communautés côtières. Il est sans danger pour l’être humain.

Statut de conservation

L’espèce est endémique du sud de l’Australie, où elle est présente depuis la Nouvelle-Galles du Sud jusqu’à l’Australie-Occidentale, en incluant la Tasmanie. On la rencontre sur les plateaux continentaux et les zones récifales peu profondes. On peut la voir en plongée entre 15 et 20 m, mais il semble qu’elle puisse aller bien plus profond que cela. Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), Cephaloscyllium laticeps est actuellement classée en catégorie « Least Concern » (préoccupation mineure). Cette évaluation repose sur une large distribution, l’absence de ciblage commercial significatif et une relative résilience aux captures accidentelles. Néanmoins, comme beaucoup d’élasmobranches côtiers, l’espèce peut être affectée localement par les prises accessoires, la dégradation des habitats récifaux et les pressions cumulatives sur les écosystèmes littoraux. Une gestion durable des pêcheries et la protection des habitats restent donc essentielles pour maintenir cette situation favorable.