La Réunion : mauvaise presse pour les requins / bad news for sharks

drapeau-orange-requin

Mercredi 8 mai 2013, un surfeur métropolitain de 36 ans a succombé aux morsures d’un requin, ayant entraîné une hémorragie fatale, dans la baie de Saint-Gilles à la Réunion. L’accident s’est produit en milieu de journée, mais le surfeur était le seul à évoluer dans les vagues.

Les conditions du jour avaient été jugées suffisamment défavorables pour que les activités de surf encadrées par des vigies-requins soient annulées ce matin-là en raison du « manque de visibilité sous-marine » sur les spots de Roches-Noires et de Boucan-Canot. Le drapeau orange signalant le risque requin était en place depuis le matin.

Une association de la Réunion oeuvrant pour “la prévention du risque requin” s’indigne avec véhémence du manque de solutions préventives effectives. En l’occurrence, et bien qu’il s’agisse d’une tragédie pour les proches de ce surfeur, le risque a bien été signalé mais ignoré par la victime.  Certains proposent encore la mise en place de drumlines et de longlines (palangres horizontales et verticales) qui ne sont pas une solution pour la Réunion. Pour mémoire, en Afrique du Sud au large de Durban, elles ont tué 35000 animaux marins : cétacés, tortues, oiseaux de mer, requins, sur une période de  30 ans entre 1970 et 2000. Il ne faut sans doute pas comparer ce qui n’est pas comparable : chaque situation est unique et résulte de plusieurs facteurs pas toujours comparables. L’association parle “d’écologie raisonnée”, de “protection inconsidérée des requins” et met en avant le déficit économique touristique pour la Réunion.

Quant à considérer qu’il y a plus de requins qu’avant, il s’agit aussi de 1) plus de moyens d’observation qu’avant et 2) plus de personnes pratiquant des sports nautiques. Ce ne sont pas les requins qui sont en cause, mais les activités humaines. Sur 35km de littoral (un coup de nageoire pour un requin), on a accumulé des activités de ferme piscicole (récemment fermée mais ayant produit toutes ces dernières années des poissons, très attirant pour les requins), des activités nautiques liées au développement touristique et une réserve marine pour la conservation de la faune marine.

En effet, il s’agit bien d’un choix politique pour la Réunion : que veut l’île pour son avenir ? Devenir un terrain de jeu pour les activités nautiques en ayant mis en place “des solutions de prévention effectives” au détriment de la faune sauvage mais rapportant de l’argent (pas à tous) à court terme ? Ou devenir un exemple de préservation et de conservation de sa faune marine où l’on viendra avec bonheur dans quelques années (eh oui, pour cela il faut attendre car la nature ne fonctionne pas dans l’immédiateté chère aux hommes) pour observer cette flore et cette faune qui disparaissent dramatiquement de la planète?

Wednesday, May 8, 2013, a metropolitan surfer of 36 years died of shark bites, which resulted in fatal hemorrhage, in the Bay of Saint-Gilles in La Réunion. The accident occurred around midday, but the surfer was the only one surfing in the waves.

The Wednesday’s sea conditions were considered sufficiently unfavorable for surfing activities supervised by “Shark lookouts”. Surfing was strongly discouraged in the morning due to “lack of visibility underwater” on the spots of Roches-Noires and Boucan-Canot. The orange flag indicating the risk shark was in place since the morning.

An association working for “shark risk prevention” at La Réunion vehemently underlines “the lack of effective preventive solutions”. In this case, and although it is a tragedy for the family of the surfer, the risk was signaled, but ignored by the victim. Some who proposed in the past the establishment of drumlines and longlines shall forget it as it is not a solution for La Réunion. For the record, in South Africa on the Durban coast, nets killed 35,000 marine animals: whales, turtles, seabirds, sharks, over a period of 30 years between 1970 and 2000. Every situation is unique, with different factors to take into consideration, and new solutions have to be set up.  The association speaks of “rational ecology” and of “indiscriminate shark protection” and highlights the lost for the touristic economy.

As to consider that there are more sharks than previously, it is because 1) there are more means of observation than before and 2) more people are practicing nautic sports. These accidents involving sharks are the result of human activities. On about 35km of coastline (a short “walk’ for a shark) fish farm activities (recently closed, but having produced in recent years fish, that is very attractive to sharks), water-related activities linked to tourism development, and a marine reserve for the conservation of marine life have been developped. 

Indeed, it is a political choice that La Réunion has to cope with: what does the island want for its future? Becoming a playground for water sports having established “effective prevention solutions” to the detriment of wild fauna but related to short-term money (not for all)? Or becoming an worldwile example of preservation and conservation of its marine life that people will visit with happiness in a few years (indeed, for that you need to wait because nature does not work in the immediacy dear to men) to observe the flora and the wildlife that dramatically disappear on our planet?