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Questions sur « CAP REQUINS »/ Some questions about the « Cap requins » program

©M. Dupuis - Galeocerdo cuvier, requin tigre en Afrique du Sud, océŽan indien

©M. Dupuis – Galeocerdo cuvier, requin tigre en Afrique du Sud, océŽan indien

Le programme CAP REQUINS devait démarrer début décembre 2013 dans la baie de Saint-Paul, à un coup de nageoire de la réserve naturelle marine de la Réunion. Présenté comme un projet expérimental, la pêche au requin devient une « technique » de gestion du risque. En clair, sous un vernis scientifique, on tue les requins, à grand frais pour le contribuable puisque cette 1ère étape expérimentale de 3 à 6 mois coûte 160 000€, et vient alimenter le puits sans fonds de « la crise requins » qui a déjà coûté plusieurs millions d’euros aux Français depuis 2011. Il n’est pas inutile de rappeler qu’à moins d’éradiquer TOUS les requins de TOUS les océans, cette pêche ne peut pas garantir la fin des accidents. A contrario, on peut s’interroger sur les risques que présente le fait d’appâter des squales si près des côtes pour les pêcher. Et ce n’est pas la seule question que soulève ce programme pensé et géré par le Comité Régional des Pêches de la Réunion, financé par l’État, la Région et la commune de Saint-Paul, donc par nous.

Techniquement, la 1ère phase de CAP REQUINS prévoit le déploiement de 4 à 6 drumlines (gros hameçons fixes à 25m de profondeur, appâtés 2x/jour, en continu 24h/24 et 7j/7) à 350m du littoral, sur ce premier site. Jusque là, rien d’innovant, si ce n’est la bouée avec GPS attachée à la bouée de la drumline : quand un animal sera pris à l’hameçon, une alarme est censée se déclencher et la position GPS sera transmise par satellite. Pourquoi un GPS? L’objectif annoncé de ce programme ambitieux est « Zéro prise accessoire ». S’agit-il « d’endormir » le grand public et les ONG de protection de l’environnement ? En 2 heures, le bateau de pêche, rémunéré pour chaque sortie, devrait être sur zone et libérer l’animal théoriquement encore vivant, si, bien sûr, il ne s’agit pas d’un requin bouledogue ou d’un requin tigre, cibles du programme.

La zone plus au large n’est pas oubliée puisqu’une palangre de fond à savoir une ligne de 2,5 à 3km, avec une centaine d’hameçons appâtés, est posée près du fond entre 30 et 50m.

Là encore, il y aura des prises accessoires parmi lesquelles des espèces menacées d’extinction comme les raies guitares, les requins fauves nourrices, les requins cuivre…et d’autres. Mais là, pas de GPS sur les hameçons et pas de comptage des dommages collatéraux.

La moitié des requins tigres et bouledogues capturés seront tués pour alimenter un autre programme scientifique de vérification de la présence de métaux lourds et de toxine dans la chair des animaux (Ciguatera-2), les rendant impropres à la consommation (mais à priori, tout de même payés plusieurs euros le kilo aux pêcheurs, en plus du forfait de la sortie). On sait déjà que les métaux lourds sont dangereux pour la santé et sont présents dans la chair des prédateurs marins comme le thon, l’espadon, le marlin, le requin. On sait également que les requins circulent entre la Réunion et Madagascar où plusieurs dizaines de personnes sont décédées  après avoir consommé du requin ciguatérique. Nos impôts permettront de le confirmer grâce aux 260000€ distribués par l’État et ses représentants pour ce nouveau programme « Ciguatera-2 », mais ceci est encore un autre projet « innovant »…En espérant que nous aurons accès aux résultats.

Les autres 50% de requins capturés seront marquées avec des balises, afin d’assurer « l’acquisition de connaissances ». Ah, la science ! A noter que  CAP REQUINS n’est pas limité en nombre de requins tués/capturés ; c’est le budget de la phase 1 qui l’est ! Quelques caméras sous-marines sur les hameçons des palangres de fond (donc à 30-50m de profondeur… ??) seront installées « pour observer l’approche des requins sur les palangres et assurer le suivi de l’environnement ». Six balises acoustiques seront également installées par le programme (en plus des 46 balises du « vrai » programme scientifique CHARC). Dans quel but ? Ah oui, l’acquisition des connaissances… Les scientifiques français n’ont pas apporté leur soutien à CAP REQUINS. Là, les résultats seront analysés par un scientifique sud-africain, rémunéré par le programme. Quelle est la garantie sur l’objectivité des résultats ? Seront-ils rendus publics comme il se doit, et quand, puisque nous les payons ?…

Toute une série de questions se pose, à plusieurs niveaux. D’une part, qui choisit, et sur quels critères, les bateaux de pêche participants au programme, ou les observateurs à bord, devant s’assurer que les prises accessoires sont bien comptabilisées et relâchées vivantes ?

Quelles sont les garanties de neutralité et d’objectivité du Comité des Pêches sur les résultats de cette 1ère phase du programme ? Comment vont être contrôlés les dépenses de ce programme et par qui ? Quel est le niveau de transparence sur l’attribution et la gestion de ces budgets ?Enfin, pourquoi le programme ne démarre-t-il pas ? Serait-ce un sursaut de bon sens de la part de nos institutions ? Y aurait-il une chance pour que l’Etat fasse le bon choix et ne sponsorise pas, avec l’argent de nos impôts, cette tuerie organisée mal maquillée en programme scientifique.

 The « CAP REQUINS » program should have start in early December 2013 in the Bay of Saint- Paul, at a fin stroke from the marine nature reserve of La Réunion. Presented as an experimental project, shark fishing is now a « risk management method ». Clearly, thanks to a scientific veneer, sharks are killed at a great expense to the taxpayer since the first experimental step, that should last from 3 to 6 months, costs € 160,000. It is going to supply the bottomless pit of  » the shark crisis  » which has already cost several million euros to the French since 2011. It is worth remembering that unless eradicate ALL sharks in ALL oceans, this fishery can not guarantee the end of the accidents. Conversely, one may wonder about the risks of baiting sharks for fishing, so close to the coast.  And this is not the only issue raised by this program that is managed by the Regional Fisheries Committee of the Réunion island, funded by the State , the Region and the town of Saint- Paul , i.e. by all of us, taxpayers.

Technically, the first phase involves the deployment of 4 to 6 drumlines (large hooks fixed at 25m depth , baited 2x daily , continuously 24h/24 and 7/7 ) 350m from the coast, on the first site. So far, nothing innovative , if not the GPS buoy attached to the drumline’s buoy : when an animal will be hooked , an alarm is supposed to switch on and the GPS position will be transmitted by satellite . Why a GPS ? The stated objective of this ambitious program is « Zero accessory capture ». Is it to  » deaden  » the public and NGOs that protect the environment? In 2 hours, the fishing boat, paid for each output, should be on the area and release the animal theoretically still alive, though, of course , it is not a bull shark or a tiger shark that are the program targets.

The area further offshore is not forgotten since a bottom longline namely a line 2.5 to 3km, with hundreds of baited hooks is placed near the bottom between 30 and 50m.

Again, there will some bycatch, including endangered species such as the guitarfishes, the tawny nurse sharks, the copper sharks and other species. But here, no GPS on hooks and no counting of collateral damage.

Half of tiger sharks and of bulldog sharks caught will be killed to feed another scientific program that shall verify the presence of heavy metals and toxins in the flesh of animals ( Ciguatera -2) , making them unfit for consumption ( but a priori, well paid several euros per kilo to fishermen, in addition to the package of each output) . We already know that heavy metals are dangerous for health and present in the flesh of marine predators such as tuna , swordfish, marlin, shark. We also know that sharks move between Reunion and Madagascar where dozens of people died after consuming shark with ciguatera . Nevertheless, our taxes will help to confirm what we already know thanks to the € 260,000 paid by the State and its representatives for this new  » Ciguatera -2″ program , but this is yet another « innovative » project …Hoping that true results will be published.

The other 50% of sharks caught will be marked with tags, to ensure « the acquisition of knowledge. » Ah, Science ! Note that CAP REQUINS is not limited in the number of sharks killed / captured , it is the budget for Phase 1 that is! Some underwater cameras on longline hooks background (ie 30 -50m depth ? … ) will be installed  » approach to observe sharks on longlines and monitor the environment. » Six acoustic beacons will also be installed by the program (in addition to the 46 acoustic beacons of the « real » CHARC scientific program). For what purpose ? Ah yes , the acquisition of knowledge … The French scientists have not given their support to CAP REQUINS. The results will be analyzed by a South African scientist , paid by the program. What is the warranty on the objectivity of the results ? Are they going to be published, and when, as it should, since we pay for it ?

A series of questions arises : who chooses, and on what criteria, the vessels fishing program participants or observers on board to ensure that catches are recorded and released alive?

What are the guarantees of neutrality and objectivity of the Committee on Fisheries on the results of this first phase of the program? How will be controlled the program expenses and by whom? What is the level of transparency in the allocation and management of these budgets? Finally, why did the program not start yet ? Would it be a burst of common sense on the part of our institutions? Is there a chance for the State to do the right thing and not to sponsor, with our tax money, an organized killing, badly disguised as scientific program?

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