La Réunion : les chiffres d’un massacre / the figures of a slaughter

Une catastrophe écologique qui ne résout rien et coûte très cher aux contribuables

La politique menée par la Région et soutenue par le Gouvernement français concernant la sécurisation du littoral réunionnais est un échec. Les interdictions de pratique des activités nautiques dans une bande de 300 mètres depuis le littoral (hors plongée en scaphandre) imposées par le préfet depuis 2013 ne sont ni respectées ni verbalisées en cas de manquement. Leur rôle ? Eviter un procès en cas d’accident … mais pas éviter l’accident. Malheureusement, preuves ont été faites : des “contrevenants” y ont laissé leur vie.

De fait, cette politique est un échec colossal confirmé par les chiffres publiés dans cette infographie : 42 528 heures de pêche cumulées au 30/08/2019 !!!! Soyons joueurs : nous divisons par les 5 bateaux de pêche* concernés par le programme, ce qui donne plus de 1000 jours de pêche (à raison de 8h/jour) soit plus de 3 ans de pêche en continu par bateau….Quelle aubaine financière pour les pêcheurs “élus”! De mémoire, ces pêcheurs étaient contractés à raison de 1000 à 1200 euros la sortie et avaient le droit de revendre le poisson pris accessoirement (tiens, tiens ?). Les conditions de leur contrat ont-elles changé ? Omerta totale. Précision tout de même : aucune pêcherie privée n’aurait pu supporté un tel effort financier. Cela fait un joli chiffre d’affaires….

Le CRA (Centre de Ressources et d’Appui pour la réduction du risque requin), tout autant “expert es requins” que l’était son prédécesseur (le Comité réunionnais des pêches marines ) n’arrive pas à identifier certains des requins prélevés. Le comble. Ce doit être pour cela qu’autant de prises accessoires sont victimes de ce massacre écologique et inutile : quand on ne connaît pas la biodiversité marine, ni les espèces, ni leurs comportements et que l’appât du gain est le plus fort….et bien, on fait du grand n’importe quoi! CQFD.

Quant aux observateurs qualifiés devant être sur les bateaux de pêche : où et qui sont-ils ?… et qualifiés par qui ? Nul ne le sait … sauf ceux qui sont rémunérés par votre argent. Et aucune rigueur non plus dans les chiffres des prises accessoires communiqués, que l’on ne peut que déplorer vu le nombre d’espèces menacées prélevées.

Des sommes astronomiques sont dépensées notamment pour et par l’association 1901 qu’est le CRA – avec des salaires extraordinaires …- alors que les sites officiels ne sont même pas mis à jour et qu’il n’y a pas d’accès public aux véritables informations … On nous prend pour des imbéciles !! Encore un exemple : les prises vivantes sont soi-disant relâchées. Ok, mais pour savoir si les animaux survivent, il faudrait leur mettre une balise électronique qui se détache au bout de quelques jours et transmet les données enregistrées. Si l’animal s’est déplacé, on sait qu’il est vivant. Mais le regarder s’éloigner du bateau n’est pas un signe de survie. Quant aux tags spaghetti, cela ne sert strictement à rien! Une fois de plus : beaucoup de bruit pour rien!

La Prise par unité d’effort

Enfin, “on” parle en heures de pêche au 30 août 2019, mais on ne sait pas quand “on” a commencé à compter. Et nous aimerions connaître les vrais chiffres : combien de palangres posées ? combien d’hameçons par palangre ? Quelle est la prise par unité d’effort ? Cela revient à connaître le nombre de poissons/ou le poids de poisson pris par 100 (ou par 1000) hameçons. Ce calcul permet d’évaluer un stock. Le CRA devrait connaître ces chiffres, mais chut, motus ….

En résumé

Comme depuis le début de cette campagne anti-requin, le nerf de la guerre est l’argent (pas votre sécurité). L’Etat paie pour calmer le jeu : surtout “pas de vague”! Les associations pro-pêche se sont enrichies des deniers publics en pleurant sur les tragédies familiales et en menaçant l’Etat et/ou ses représentants. Les agents du CRA sont admirablement bien rémunérés, comme l’ont été ceux du CRPMM et tous les intervenants de CAP REQUIN à l’époque. Les pêcheurs tirent leur épingle du jeu…. Tous les acteurs du “Shark business à la réunionnaise” sont en place. Et pas question de bouger du “gruyère” où ils se sont installés et prospèrent. Sans doute pas concernés par l’avenir des océans, de la planète, de leurs enfants.

  • les chiffres annoncés viennent de la publication ci-jointe. Quant au chiffre de 5 pêcheurs et de leur rémunération par sortie, ce sont des informations plus anciennes mais il n’a pas été possible de les actualiser (cf. CAP REQUINS et CRPMM).

An ecological disaster that solves nothing and costs taxpayers a lot of money.

The policy pursued by the Region and supported by the French Government regarding the securing of the Reunion coast is a failure. The prohibition of nautical activities in a 300-metre strip from the coast (excluding diving) imposed by the prefect since 2013 is not respected or verbalized in case of default. Their role?Avoid a trial in case of accident … but not avoid the accident. Unfortunately, proof has been given: “offenders” have died.

In fact, this policy is a colossal failure confirmed by the figures published in this infographic: 42 528 hours of accumulated fishing on 30/08/2019!!! Let’s be players: we divide by the 5 fishing boats* concerned by the program, that gives more than 1000 fishing days (at a rate of 8h/day), i.e. more than 3 years of continuous fishing by boat… What a financial boon for the “elected” fishermen! According to the past*, these fishermen were contracted at the rate of 1000 to 1200 euros per fishing day and had the right to resell the fish taken incidentally (not the targette species). Have the terms of their contract changed? Total Omerta. One more precision : no private fishery could have supported such a financial effort. Definitly, that’s a nice turnover….

The CRA (Centre de Ressources et d’Appui pour la Réduction du Risque Requin), just as much an “expert es Sharks” as its predecessor (the Committee of Marine Fisheries of Reunion) cannot identify some of the killed sharks. It could have been funny if not so sad… That must be why so many by-catches are victims of this ecological and useless slaughter: when you do not know marine biodiversity, neither species, nor their behaviour and when the lure of gain is the strongest… Well, we’re making a mess!

As for the qualified observers to be on the fishing boats: where and who are they?… and qualified by whom? No one knows … except those who are paid by your money.Nor is there any rigour in the figures of reported by-catches, which can only be deplored in view of the number of threatened species harvested.

Astronomical sums are spent in particular for and by the association 1901 that is the CRA – with extraordinary salaries …- whereas the official sites are not even updated and there is no public access to the true information … We are taken for fools! Another example: the live by-catches are supposedly released. Okay, but to know if the animals survive, you’d have to put an electronic beacon on them that comes off after a few days and transmits the recorded data. If the animal has moved up and down, it is known to be alive. But watching it moving away from the boat is not a sign of survival. As for the spaghetti tags, it is absolutely useless! Once again: “much a do about nothing!”

Catch per unit Effort

Finally, “we” speak in hours of fishing on 30 August 2019, but we do not know when “we” started counting. And we would like to know the real figures: how many longlines have been laid? How many hooks per longline? What is the catch per unit of effort ? This is equivalent to know the number of fish/or the weight of fish caught per 100 (or per 1000) hooks. It’s that calculation that allows you to assess a stock. The CRA should know those numbers, but shh…motus …

Finally…

As since the beginning of this anti-shark campaign, the nerve of war is money (not your security). The Government pays to calm the game: “no wave”! The pro-fishing associations mdr money thanks to public funds by weeping over family tragedies and threatening the State and/or its representatives. CRA officers are admirably well paid, as were CPMR officers and all CAP REQUIN stakeholders at the beginning of the “crisis”. The fishermen are doing well…. All the players of the “Shark business à la reunionnaise” are in place. And no question of moving from this comfortable place where they settled and prosper. Probably not concerned with the future of the oceans, of the planet, of their children.

* The figures announced come from the attached publication. As for the figure of 5 fishermen and their remuneration per trip, this is older information but it was not possible to update it (cf. CAP REQUINS and CRPMM).